
Avant de parler de réglementation, il faut comprendre pourquoi l'infrastructure de stationnement est le premier levier du vélo scolaire — et pas le dernier.
Selon une étude nationale de l'ADEME (2022), 26 millions de trajets domicile-établissement scolaire sont réalisés chaque jour en France, tous modes confondus. Parmi eux, 30 % se font encore en voiture. Cette congestion systématique aux abords des établissements est en grande partie due à l'absence de solution alternative perçue comme fiable par les familles.
Or les freins sont identifiés :
Un parking vélo sécurisé, c'est aussi une réponse à un enjeu de santé publique. L'OMS (2019) établit que 87 % des 11-17 ans en France ne respectent pas les recommandations sanitaires de 60 minutes d'activité physique quotidienne. Un trajet à vélo, deux fois par jour, constitue précisément cette activité.
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Promulguée le 24 décembre 2019, la LOM constitue le socle législatif des obligations de stationnement vélo en France. Son article L113-18 du Code de la construction et de l'habitation (CCH) est explicite :
« Les bâtiments à usage d'enseignement doivent être pourvus d'espaces affectés au stationnement des vélos, dont les caractéristiques sont définies par décret. »
Cette disposition s'applique à tous les établissements d'enseignement — écoles maternelles, élémentaires, collèges, lycées et établissements d'enseignement supérieur — dès lors qu'ils sont équipés d'un parc de stationnement automobile.
Ce décret, entré en vigueur le 26 décembre 2022, précise les modalités d'application de la LOM. Il introduit dans le CCH les articles R113-11 à R113-18 et fixe les conditions techniques des infrastructures de stationnement vélo. L'article R113-15 du CCH, issu du décret, stipule que :
« Les infrastructures mentionnées aux articles L. 113-18 à L. 113-20 comportent des dispositifs fixes permettant de stabiliser et d'attacher les vélos par le cadre et au moins une roue. »
Ce point est fondamental d'un point de vue qualitatif : tout support ne permettant pas d'attacher le cadre et au moins une roue n'est pas conforme. L'équipement doit être à la fois pratique à l'usage et permettre une attache sécurisée en trois points (cadre + deux roues si possible).
Le même décret précise également la nature de la sécurisation requise (article R113-16 du CCH) :
« La sécurisation des infrastructures permettant le stationnement des vélos est assurée par une surveillance fonctionnelle ou par une porte dotée d'un système de fermeture sécurisée, lorsqu'elles sont destinées aux usagers d'un bâtiment accueillant un service public. [...] Lorsqu'elles se situent à l'extérieur du bâtiment, ces infrastructures sont couvertes et éclairées. »
Les établissements scolaires relevant des services publics, cette disposition leur est pleinement applicable.
Cet arrêté, publié au Journal Officiel le 3 juillet 2022, complète le décret en fixant les seuils quantitatifs et les dimensions minimales :
Construction neuve (permis de construire déposé après le 26 décembre 2022) : l'obligation de stationnement vélo sécurisé est inconditionnelle. Le nombre de places et les caractéristiques techniques doivent respecter les seuils fixés par l'arrêté du 30 juin 2022.
Rénovation significative : dès lors que des travaux sont entrepris sur le parc de stationnement annexe, que celui-ci comporte au moins 10 places de stationnement automobile, et que le coût prévisionnel des travaux représente au moins 2 % de la valeur du bâtiment, l'obligation de stationnement vélo sécurisé s'applique.
Bâtiment existant sans travaux : aucune obligation directe de mise en conformité n'est prévue par les textes actuels. Toutefois, les PLU de certaines collectivités imposent des ratios supérieurs et conditionnent parfois des financements locaux à l'existence d'infrastructures vélo.
👉 Pour comprendre le cadre réglementaire dans son ensemble : Quelle est la réglementation concernant le stationnement des vélos ? Guide 2025
Le Cerema (ex-CERTU) formule depuis 2006 des recommandations de dimensionnement, régulièrement actualisées, qui font référence en matière de planification scolaire :
Ces ratios sont des minimums. Dans les zones urbaines denses ou dans les établissements engagés dans une démarche d'écomobilité scolaire active, il est conseillé de les dépasser.
Pour un collège de 600 élèves, en appliquant un ratio de 1 place pour 4 élèves : 150 places minimum sont nécessaires. À raison de 1,5 m² par emplacement (hors allées de circulation), cela représente environ 225 m² d'espace dédié au stationnement. Un périmètre tout à fait réalisable, notamment en repensant un coin de cour ou un espace sous-utilisé.
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La conformité réglementaire ne suffit pas à elle seule à déclencher l'usage du vélo. La qualité de l'infrastructure joue un rôle décisif. Voici les critères essentiels.
C'est l'exigence centrale du décret de 2022. Le support doit permettre de stabiliser le vélo et d'y attacher le cadre ainsi qu'au moins une roue avec un antivol. Un équipement qui ne soutient que la roue avant — sans possibilité d'attacher le cadre — n'est pas conforme et expose les vélos au vol. Privilégier des supports qualitatifs, solides, scellés au sol et résistants au vandalisme.
À proscrire : les pince-roues, qui ne permettent pas d'attacher le cadre, fragilisent les roues et rendent inefficace tout antivol de qualité.
L'obligation légale est claire pour les infrastructures extérieures : elles doivent être couvertes et éclairées (article R113-16 du CCH). Au-delà de la conformité, c'est aussi une question d'usage quotidien. Un vélo exposé à la pluie, à la neige ou dans l'obscurité matinale d'hiver sera rapidement abandonné au garage familial.
L'abri doit également être visible depuis les zones fréquentées de l'établissement — cour, hall d'entrée, loge du gardien — pour dissuader les tentatives de vol.
L'arrêté du 30 juin 2022 fixe ce seuil pour les infrastructures extérieures. En pratique, plus le parking est proche de l'entrée, plus il est utilisé. Un stationnement éloigné ou mal signalé est ignoré, même s'il est de qualité.
La localisation doit aussi être pensée pour fluidifier les mouvements : éviter les conflits entre flux piétons, cyclistes et véhicules lors des heures de pointe d'entrée et de sortie.
Les Plans Locaux d'Urbanisme peuvent aller au-delà des seuils fixés par la réglementation nationale. C'est notamment le cas en Île-de-France, où certains PLU imposent un ratio d'1 place vélo pour 4 élèves dans les collèges et lycées, soit des exigences supérieures aux recommandations du Cerema.
Avant tout projet, il est donc indispensable de vérifier les dispositions du PLU de votre commune. Votre collectivité de rattachement (commune, département, région selon le niveau d'enseignement) est l'interlocuteur privilégié pour ce point.
Inscrit dans la LOM de 2019, le Plan de Déplacements Établissement Scolaire (PDES) — aussi appelé Plan de Mobilité Scolaire (PMS) — est l'outil qui permet de structurer une démarche globale d'écomobilité.
Il repose sur trois étapes :
1. Diagnostic des flux : analyse des modes de déplacement actuels, identification des zones de saturation autour de l'établissement, cartographie des itinéraires cyclables existants.
2. Concertation avec les parties prenantes : élus locaux, parents d'élèves, enseignants, personnels, associations de mobilité. C'est à cette étape que les besoins réels en stationnement sont co-construits.
3. Plan d'action : installation d'abris vélo, définition d'itinéraires cyclables sécurisés, mise en place de vélobus, ateliers pédagogiques, régulation de la circulation aux abords.
Le PDES est également un levier pour mobiliser des financements locaux. Plusieurs régions et départements conditionnent leurs aides vélo à l'existence d'un tel plan.
Le programme national Alvéole+ est terminé depuis fin 2023. Il n'existe plus à ce jour d'aide financière nationale spécifique au stationnement vélo scolaire.
Les ressources à mobiliser sont désormais locales :
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Depuis la fin des aides nationales, les établissements doivent prendre en main leurs projets de A à Z. Clap Vélo propose un accompagnement structuré pour transformer une obligation réglementaire en infrastructure vraiment utile :
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Le stationnement vélo dans les établissements scolaires n'est plus une option : c'est une obligation légale pour toute construction neuve ou rénovation significative depuis décembre 2022, et une nécessité pratique pour tout établissement souhaitant voir ses élèves venir à vélo. La réglementation est précise sur trois points essentiels : des supports permettant une attache cadre + roue, un abri couvert et éclairé si l'infrastructure est extérieure, et une localisation à moins de 50 mètres de l'entrée principale. Ce cadre pose les bases. Mais c'est la qualité de la conception — le bon nombre de places au bon endroit, avec les bons équipements — qui fait la différence entre un parking utilisé et un parking abandonné.
💬 Et vous — votre établissement est-il en conformité ? Savez-vous combien de places vélo vous devriez proposer à vos élèves ?