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Non. Je ne conseille pas aux copropriétés d'interdire la recharge des vélos électriques dans le local vélo. Je leur conseille de l'encadrer : pas de chargeur branché sur n'importe quelle prise, un équipement adapté si le besoin existe vraiment, et un rappel clair des risques.
Dans les faits, la question se pose beaucoup moins qu'on ne le croit. Personne, ou presque, ne laisse sa batterie sur son vélo en stationnement : elle coûte cher et se vole facilement. Les cyclistes la prennent avec eux et la rechargent chez eux. Je ne connais d'ailleurs aucune copropriété qui ait installé un système de recharge dans son local vélo, tout simplement parce que personne ne l'avait demandé.
Le risque d'incendie, lui, est réel. Voici comment je conseille de le traiter, sans transformer le local vélo en zone interdite.
Oui. C'est l'argument que j'entends le plus souvent en assemblée générale (« les vélos vont prendre feu ») et il n'est pas faux.
Une batterie lithium abîmée, de mauvaise qualité ou rechargée avec un chargeur inadapté peut s'emballer : elle chauffe, s'enflamme, et le feu se propage très vite. Les pompiers du Bas-Rhin parlent d'une réaction « violente et extrêmement rapide » et demandent de ne jamais tenter d'éteindre soi-même un feu de batterie : on évacue, on ferme les portes, on appelle le 18.
Mais il faut regarder où se situe vraiment le danger. Dans un local vélo, le risque ne vient pas des vélos garés. Il vient de trois comportements :
C'est sur ces trois points qu'il faut agir. Interdire les vélos électriques, ou faire comme si la question n'existait pas, ne règle aucun des trois.
Aucune obligation d'équiper le local vélo. À ma connaissance, les textes sur le stationnement vélo dans les bâtiments imposent des dimensions, un espace clos et couvert, et des supports pour attacher les vélos. Ils n'imposent ni prise ni système de recharge dans le local vélo d'une copropriété existante.
Une prise commune, c'est l'électricité de tous. Le local vélo est une partie commune. Le copropriétaire qui y branche son chargeur fait payer sa recharge à l'ensemble de la copropriété. C'est à la copropriété de décider si elle l'accepte, et dans quelles conditions, idéalement par écrit dans le règlement intérieur du local.
La copropriété ne peut pas tout interdire. Ce qui se passe dans les parties communes relève de la copropriété. Ce qui se passe chez soi, en principe, non : l'assemblée générale ne peut pas restreindre l'usage des logements au-delà de ce que prévoit le règlement de copropriété (article 26 de la loi du 10 juillet 1965). Interdire de recharger sa batterie chez soi n'est donc pas une option.
Pour aller plus loin sur les règles applicables au local vélo, lisez les conseils de Maître Naudin, avocat en droit immobilier et mon article sur la réglementation du parking vélo en copropriété.
Presque personne. C'est le constat que je fais en visitant des locaux vélos et en échangeant avec les conseils syndicaux.
La raison est simple : une batterie de vélo électrique se retire en quelques secondes et c'est la pièce la plus chère du vélo. La laisser dans un local partagé, c'est prendre le risque de la retrouver volée. Les cyclistes la prennent donc avec eux et la rechargent chez eux, comme leur téléphone.
C'est pour cette raison que les demandes de recharge restent rares en copropriété. Les systèmes de recharge en stationnement se voient surtout dans les entreprises et les établissements publics, où les vélos restent garés toute la journée.
1. Dire clairement ce qui est autorisé. Une ligne dans le règlement intérieur du local suffit souvent : recharge interdite sur les prises existantes, sauf équipement prévu à cet effet. C'est simple à afficher et simple à faire respecter.
2. Faire vérifier l'installation électrique avant d'équiper. Si la copropriété veut proposer la recharge, il faut d'abord qu'un électricien dimensionne l'installation : puissance disponible, circuit dédié, protections. Brancher des casiers de recharge sur une installation prévue pour deux néons, c'est créer le risque qu'on voulait éviter.
3. Choisir un équipement conçu pour les batteries. Il existe des casiers de recharge pensés pour les batteries de vélo, fermés, ventilés et résistants au feu. Le cycliste y dépose sa batterie et son chargeur, et rien ne traîne dans le local.
4. Rappeler les bons gestes. La DGCCRF (répression des fraudes) résume les précautions en quelques règles : utiliser le chargeur d'origine, ne pas recharger sur une surface inflammable ni là où l'appareil gênerait une sortie de secours, débrancher une fois la charge terminée, surveiller une batterie qui chauffe ou qui a subi un choc. Une affiche dans le local et un rappel dans le compte rendu d'AG font beaucoup.
5. Penser aussi à la recharge chez soi. Puisque la plupart des cyclistes rechargent chez eux, c'est là que se trouve une bonne partie du risque. Des boîtes et sacs résistants au feu existent pour ranger et recharger sa batterie à la maison. Le conseil syndical peut simplement les mentionner dans sa communication.
Rarement. Quand on me le demande, je les intègre au plan, mais je pose toujours la question : qui va réellement s'en servir ?
Des casiers de recharge prennent de la place. Dans un local vélo de copropriété, où chaque mètre carré compte, cette place peut souvent accueillir plusieurs vélos supplémentaires. Avant de financer un équipement qui restera peut-être vide, je conseille de vérifier le besoin : un simple sondage auprès des résidents suffit.
Si la demande existe, on prévoit les casiers dès le plan, avec l'électricien, plutôt que de les ajouter après coup. Et si elle n'existe pas encore, on peut réserver un emplacement et prévoir une arrivée électrique pour plus tard, sans immobiliser de place aujourd'hui.
Pour savoir combien de vélos votre local peut accueillir, avec ou sans casiers de recharge, utilisez ma calculatrice gratuite : vous recevez la capacité et un coût prévisionnel par email.
Pas sans l'accord de la copropriété : l'électricité des parties communes est payée par tous. Le plus simple est de trancher la question dans le règlement intérieur du local vélo.
Non, pas par principe. L'assemblée générale ne peut pas restreindre l'usage des logements au-delà de ce que prévoit le règlement de copropriété.
Ne pas tenter de l'éteindre soi-même, évacuer, fermer la porte du local et appeler le 18. Ce sont les consignes des pompiers.
Sources : SIS 67, Les batteries au lithium : les bons gestes à adopter (juin 2025) ; DGCCRF, Les neuf règles d'or de la sécurité des batteries au lithium (novembre 2024).